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Pourquoi sommes-nous concerné·e·s par le message culture ?

Lorsque l’on suit de près la politique culturelle, le message culture 2021-2024, pour lequel le Conseil fédéral a ouvert le processus de consultation, est souvent présent. L’an prochain, il devra d’ailleurs être approuvé par le Parlement et, du coup, nous nous sommes penchés sur ce message et les raisons pour lesquelles il nous a paru important pour les musicien·ne·s.

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Un long chemin vers une mission claire.


Le message culture 2021-24 ne sera que le troisième du genre, introduit après un processus politique d’une dizaine d’années au cours duquel le rôle du gouvernement fédéral dans le domaine de la promotion de la culture a été progressivement clarifié. Après la création de l'Office fédéral de la culture (OFC) en 1975, il a été recommandé que les tâches culturelles de la Confédération soient régies par un article constitutionnel. Ce n'est qu'en 1999 que cet article (art. 69) a finalement stipulé que l'encouragement de la culture en Suisse relève de la compétence des cantons et des communes, mais que la Confédération peut y apporter un soutien complémentaire. Dix ans plus tard, la Loi sur l’encouragement de la culture (LEC) stipulait que le contrôle financier de la promotion culturelle de la Confédération devait prendre la forme d'un message sur une durée de quatre ans (message culture).


Que font l’OFC et Pro Helvetia ?
La LEC a enfin clarifié la distinction entre l’OFC et Pro Helvetia, c'est-à-dire entre le gouvernement fédéral et la Fondation culturelle qu'il finance. Les orientations et les priorités de Pro Helvetia sont désormais également définies dans le message culture et elle est : responsable de la médiation culturelle, des bourses de travail, des échanges internationaux, de la promotion des jeunes talents et des programmes d'encouragement. L’OFC, de son côté, décerne les principaux prix nationaux, accompagne la mise en œuvre de projets ponctuels de grande envergure, promeut la protection des intérêts des acteurs du secteur culturel en soutenant les associations culturelles professionnelles et il est en charge de la planification globale de la politique culturelle.
D'un côté, le message culture établit les garde-fous pour tous ces domaines et, de l’autre, sont discutées les finances effectives. Les créateurs musicaux sont donc directement concernés à divers titres.
Quelles sont les bases du message culture ?
Le message culture repose sur trois axes d'action : la « participation culturelle », la « cohésion sociale » et enfin la « création et l’innovation ». En d'autres termes, il s'agit de promouvoir l'accès à la culture, la culture en tant que moyen de cohésion sociale ainsi que des projets et des travaux concrets. En outre, la politique culturelle doit être mesurée à l'aune de la prise en compte des "méga-tendances" dans lesquelles le Conseil fédéral voit les principaux moteurs du changement social : mondialisation, numérisation, changement démographique, urbanisation et individualisation. Ce message a été déterminé en tant que deuxième message culture 2016-20 et la Confédération souhaite maintenant s'y tenir. Le projet du message suivant repose donc sur la continuité conceptuelle et s'adresse au Parlement pour une augmentation du budget.

Quel est l‘apport du nouveau message culture ?
En comparaison avec son prédécesseur, le nouveau message culture ne propose pas de réels changements mais définit des priorités pour un futur développement. SONART appuie bon nombre d'entre elles mais il y a des domaines où nous avons encore des réserves et l'espoir d’y voir des améliorations :
·        des sommes importantes sont prévues pour des travaux complémentaires dans le domaine de la musique et de l'éducation. Même si l'on peut s’interroger sur le fait que le budget de la culture ait à financer des obligations éducatives, nous considérons également la promotion des jeunes talents comme une tâche importante. Mais, même si le Parlement s’exprime moins en termes financiers, nous pensons que ces impératifs éducatifs ne devraient pas se faire au détriment de la promotion de la culture ;
·        nous sommes également critiques à l'égard de l'extension constante des obligations de l’OFC dans les domaines socioculturels, non pas parce qu'elles ne seraient pas importantes, mais parce qu'elles ne devraient pas se faire au détriment d'un soutien concret au travail de création ;
·        la Confédération reconnaît l'importance du journalisme culturel et entend le promouvoir de plus en plus. Cependant, les plans restent très vagues et, dans la mise en œuvre du dernier message, Dissonanz, l'un des rares magazines musicaux de référence, a été sacrifié. Cela impose des plans concrets et durables ;
·        selon nous, les priorités de Pro Helvetia dans le domaine musical (promotion des échanges internationaux et de projets, aide à l'emploi) reçoivent notre adhésion. Néanmoins, nous souhaiterions, dans le futur, être associé·e·s de manière plus étroite à l'élaboration de mesures concrètes, en particulier dans le cadre de la promotion des échanges internationaux. Pour cela, nous offrons une collaboration plus étroite.
Pour les musicien·en·s actif·ve·s en Suisse, l'enjeu de ce projet de consultation est donc de taille. Prix de musique, journalisme musical, promotions des talents et musicale, bourses et, enfin et surtout, fonctionner en tant que soutien aux associations de professionnels et d'amateurs qui font le lien entre les scènes et la politique, rôle que nous remplissons volontiers et toujours avec le souhait de pouvoir apporter une contribution qui permette à nos membres de pouvoir se concentrer pleinement sur leur travail créatif dans de bonnes conditions cadres.

Christoph Trummer, 04.09.2019